Muse et son matos, guitare et amplis… Que ce soit en guitares ou amplis, il y a de quoi dire ! Ouvrons le coffre à jouets de Matthew Bellamy et découvrons ce qu’il cache 🎸
Matthew Bellamy et les 90’s
Le britannique Matt Bellamy fait partie des rares frontmen et guitar héros à avoir émergé à la fin des années 90, faisant de Muse un des tout derniers groupes de rock qui a accédé au rang de phénomène mondial.
Depuis, le power trio futuriste remplit les stades et fait la tête d’affiche des festivals de la planète (dont le Hellfest cet été). Bellamy continue d’explorer les possibilités infinies des effets de guitare. Voilà un domaine dans lequel il est véritablement passé maître. Power Trio, ce qui veut dire qu’il est seul à remplir l’espace sonore de la guitare, sans compter qu’il est aussi le chanteur. Pour les dernières tournées, le groupe a fait appel à un quatrième membre aux synthétiseurs. Il faut quand même à Bellamy du matériel suffisamment riche pour créer toutes sortes de textures en studio comme sur scène.

L’enfance de l’art
Contrairement à beaucoup de guitaristes qui ont atteint son niveau de fortune et de célébrité, Matt Bellamy est resté relativement fidèle à une formule sonore qui n’a pas tant évolué que ça en un quart de siècle. L’essentiel de sa recette est resté inchangé, mais il y a régulièrement apporté des nouveautés passionnantes.
Gibson
Les Paul Standard 50s HCS
La carrière discographique de Muse commence en 1999 avec l’album Showbiz, un classique qui a immédiatement séduit le public britannique puis le reste de l’Europe. À l’époque, Bellamy n’a pas encore les Manson qui deviendront sa marque de fabrique (nous allons y revenir), et sa guitare principale est une Les Paul. Mais pas n’importe quelle Les Paul, puisqu’il s’agit d’une Les Paul DC Lite, autrement dit un modèle à deux pans coupés. Contrairement aux Les Paul Special ou Junior de la fin des années 50 qui avaient aussi deux pans coupés, ce modèle reprend par ailleurs les caractéristique de la Les Paul Standard comme les deux micros humbuckers et la table en érable flammé.
Epiphone
1960 Les Paul Special DC TVY
Mais Bellamy se l’est évidemment appropriée, visuellement avec du scotch d’électricien noir tout autour du corps, et au niveau sonore avec un capteur hexaphonique Roland GK-2a pour produire toutes sortes de sons synthétiques. Comme beaucoup de guitares de la collection de Bellamy, cette Gibson a été explosée sur scène et n’est donc plus de ce monde.
Au niveau des amplis, Bellamy faisait dans le simple, puissant et efficace avec le Marshall JCM-2000 DSL100, une référence qui faisait aussi partie du matos de Jeff Beck, excusez du peu.
A Star is born
Avec le succès de Showbiz et pour la préparation du carton Origin Of Symmetry (2001), Bellamy a enfin réalisé son rêve : passer commande d’une guitare custom au luthier Hugh Manson.
L’ancien guitar-tech de Led Zeppelin a réalisé un premier instrument pour Bellamy, la Delorean, et cette guitare est restée le modèle pour toutes celles qui suivront.
25 ans plus tard, les Manson de Bellamy (qui a désormais racheté la société) ont encore la même forme de type Telecaster et des caractéristiques proches.

La Delorean (baptisée en référence à la DeLorean, la fameuse voiture de Retour Vers Le Futur) a une configuration de micros plutôt typée Gibson avec un humbucker Kent Armstrong au chevalet et un P90 Seymour Duncan au manche. Mais l’essentiel de cette guitare à la table aluminium se trouve dans l’électronique post-micros. On y trouve deux pédales intégrées qui deviennent indispensables pour le son Muse : une MXR Phase 90 et une ZVex Fuzz Factory. Cette dernière trouvera son application ultime sur le riff de “Plug In Baby”.
Mais on y trouve aussi le capteur hexaphonique Roland, un piezo Graph Tech Ghost et même un kill switch. Autant dire que pour cette première expérience du custom, Bellamy a choisi toutes les options.
C’est le modèle qui servira de base pour toutes les guitares suivantes de Bellamy. Il aura une version avec un Korg Kaoss Pad intégré pour contrôler certains effets, une version sept cordes, une double manche, une acoustique, et même un keytar, mais le look restera le même.
La grosse artillerie
À partir de Origin Of Symmetry et des tournées de plus en plus énormes qui suivent, les choix de Bellamy se précisent du côté des amplis. En studio, il fait surtout appel à un Vox AC30 des années 60 qu’il décrit comme son modèle préféré. Sur scène, c’est la monstrueuse tête Diezel VH4 qui vient cracher le feu derrière lui, et c’est aussi elle que l’on entend sur album pour les plus gros sons.
La VH4 étant compatible MIDI, elle s’intègre parfaitement à un système en rack de plus en plus complexe. Bellamy contrôle le tout avec un pédaler Rocktron All Access. Parmi les pédales et effets du rack, on trouve une Digitech Whammy, un compresseur Keeley, un octaveur Boss OC-5, une EQ 6 bandes MXR ou encore le fameux delay Korg SDD 3000, qui est aussi le préféré de The Edge. Même la Whammy est connectée en MIDI, ce qui permet d’obtenir l’effet séquenceur du titre “Map Of The Problematique”.
Armé de ce matos complexe et complet, Bellamy mène Muse vers le succès international avec les albums Absolution (2003), Black Holes And Revelations (2006) et The Resistance (2009), dont le single “Uprising” devient le titre emblématique du groupe aux États-Unis.
La quête continue
Pour The 2nd Law en 2012, Bellamy sort de sa zone de confort et on le voit alors en studio enregistrer certaines parties avec une Stratocaster, D’après les images, il s’agit sans doute d’un modèle de 1965.
C’est aussi l’époque où le reste du matériel de scène se simplifie énormément grâce à l’apogée du numérique. Le Kemper Profiler remplace donc les différents amplis de Bellamy, ce qui lui permet enfin d’avoir le son de Vox qu’il adore sans les contraintes propres aux scènes gigantesques. Côté effets, la plupart des modulations, reverbs et delays proviennent désormais d’un Fractal Axe FX II.
Mais l’inimitable Whammy est toujours présente, comme on l’entend bien sur l’intro du single “Kill Or Be Killed” de 2022. Ce titre est d’ailleurs un retour à des sonorités plus directes et une production qui fait la part belle aux gros riffs de guitare sept cordes. Côté guitares, Bellamy a aussi conçu un modèle signature avec Cort pour rendre son fameux design plus accessible. La Cort Manson Meta MBM-2H existe avec ou sans Sustainiac, dans une configuration à deux humbuckers plus classique, et il y a même une version pour les gauchers. Libre ensuite à vous de la modifier pour intégrer des pédales comme l’a fait le maître.
On The Road Again
Alors que le dixième album The Wow! Signal sort le 26 juin, Muse a aussi annoncé son grand retour sur scène. Les fans les plus acharnés sont allés à Londres le 3 avril dernier pour ce qui reste à ce jour le seul concert du groupe en 2026, et ils ont ainsi pu entendre trois extraits de l’album à venir. Parmi eux, le single “Cryogen” marque le grand retour des arpèges mélodiques maltraités à la Fuzz Factory dans le style de “Plug In Baby”. Pour ce titre, les fans ont découvert une nouvelle Manson MB, le modèle signature de forme Telecaster de Bellamy, en version bleu métallique avec un Floyd Rose et un Sustainiac.
Il faut dire que le guitariste a racheté la marque Manson en 2019, et il a donc les clés du magasin de jouets pour se faire plaisir en fonction des morceaux. Pour “The Unravelling”, le premier single extrait de The Wow! Signal, il s’est même essayé à la huit cordes avec une Manson Oryx 8-String, un pur outil de djent équipé d’un chevalet hardtail Hipshot et de deux humbuckers découverts.
Côté amplification, le système hybride avec le Kemper pour les simulations et le Fractal pour les effets a laissé place à la dernière génération du Axe FX, le III MkII, qui gère toute la chaîne sonore virtuelle.
Enfin, pour les fans les plus hardcore (et qui ont les moyens), Manson a collaboré avec Bellamy sur la version ultime de son modèle signature début 2026, la MB New Era Black Edition. Cette édition limitée très exclusive reproduit à l’identique le modèle qui a traumatisé toute une génération dans le clip de “Time Is Running Out” en 2003, avec ses deux P90, son Sustainiac et ses nombreux gadgets embarqués. Mais en parallèle de cette guitare qui sent bon la nostalgie, on peut aussi espérer que Bellamy explore plus en profondeur les possibilités de sa huit cordes pour en tirer des sonorités qui n’appartenaient pas à l’univers de Muse jusque là.
Une chose est sûre : Muse est un groupe qui ne se répète pas, Bellamy est un guitariste en recherche sonore permanente, et nous pouvons donc nous attendre à de belles surprises de leur part dans les années qui viennent.
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Si tu le pouvais, quelle guitare/ampli de Muse aimerais-tu avoir à la maison ?
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