Parmi 1601 références lorsque l’on cherche “Micros pour Guitare Électrique” chez Thomann, comment choisir le bon pour ton instrument ? Pas simple de se frayer un chemin dans cette véritable jungle. Si tu suis de près ce blog (déjà merci !), tu as peut-être lu l’article du mois dernier sur les différents types de micros. Ce nouvel article en est la suite logique, puisque après les généralités sur les simples bobinages, les P90 et autres humbuckers, nous allons désormais parler des grandes marques de micros et de leurs principaux modèles. Bien sûr, il ne s’agit là que d’une infime partie des références disponibles, mais elles permet déjà de se faire une idée informée.
Si tu ne l’as pas déjà lue, je t’invite à aller lire la partie 1 de ce guide complet !
▷ Guide Complet des Types de Micros pour Guitare Électrique | PARTIE 1 ◁
Gibson
Premier modèle lancé en : 1936
Commençons par le commencement : même s’il peut paraître bizarre de parler ici de fabricants de guitare plutôt que de micros à proprement parler, il y a une période assez longue, en gros de 1936 à 1971, pendant laquelle les micros sont faits par la même marque que la guitare qu’ils équipent. Pas question donc à l’époque d’installer un humbucker sur une Strat, à moins de prélever le premier sur une Gibson qui aurait servi de donneuse d’organe. Heureusement, à l’heure actuelle, il est devenu normal de proposer des micros séparément des instruments. Gibson, l’un des pionniers en matière d’électrification de l’instrument, a une belle gamme de modèles dont beaucoup sont des rééditions de modèles historiques.
P-90 Dog Ear : la méchanceté nerveuse du P90 de la Les Paul Junior des années 50.
Gibson
P-90 Dogear
Custombucker : une excellente réédition du fameux P.A.F., le premier humbucker lancé en 1957. Ce dernier fait l’objet d’un véritable culte pour son côté soyeux, brillant et très réactif à la dynamique. Les exemplaires d’époque se vendent au prix d’une très bonne guitare. Chaque marque propose sa réplique qu’elle veut la plus fidèle possible, et la version Gibson se défend très bien.
Gibson
Custombucker Nickel
500T : Pour ceux qui veulent plus qu’un niveau de sortie vintage, il y a le 500T. Cette référence s’est imposée par ses aimants céramique plutôt que Alnico, ce qui donne un gros son moins nuancé mais diablement efficace.
Gibson
500T
Fender
Premier modèle lancé en : 1950
Tout comme Gibson, Fender a avant tout fabriqué des micros pour équiper ses propres modèles. Mais contrairement à son concurrent du Midwest qui s’est surtout spécialisé dans le humbucker, la marque californienne est restée fidèle à sa passion du simple bobinage.
51 Nocaster : Ce set reprend le son des premières Telecaster, avant même qu’elles ne s’appellent comme ça. On retrouve le cinglant et l’épaisseur des modèles de la première époque des solid bodies.
Fender
Custom Shop 51 Nocaster PU Set
Texas Special Strat : Le Texas Special a été créé par Fender pour obtenir le son Texas Blues typique de Stevie Ray Vaughan, avec des graves bien chargés et un médium qui tranche dans le mix.
Fender
Custom Texas Special Strat Set
Noiseless ST Vint PU : À la fin des années 80, Fender cherchait des solutions pour proposer une version de ses micros sans la ronflette qui leur est généralement associée. Ils ont découvert les Lace Sensor qui sont devenus les Noiseless, des micros qui annulent le bruit de fond comme des humbuckers mais conservent le son classique d’un simple bobinage.
Fender
Ultra Noiseless ST Vint PU Set
DiMarzio
Premier modèle lancé en : 1972
Larry DiMarzio a commencé comme réparateur dans le New York de la fin des années 60, à une époque où les rock stars amenaient leurs instruments chez Manny’s pour les faire réparer ou modifier. C’est à ce moment-là qu’il a compris l’importance cruciale des micros, et il a lancé sa propre fabrication peu de temps après. Nous lui devons la notion même de micro de rechange comme pièce détachée, ainsi que la création de très nombreux sons cultes.
DP100 Super Distortion : Celui par lequel tout a commencé. DiMarzio voulait créer un humbucker capable de faire distordre les amplis de l’époque avec plus d’autorité que les P.A.F. de Gibson, et il est arrivé au Super Distortion. Ce modèle n’a pas bougé en plus d’un demi-siècle d’existence, et il a en grande partie créé le son du hard rock des années 70.
DiMarzio
DP100 Creme
DP155 Tone Zone : Le Tone Zone est une version plus dynamique du Super Distortion. Autrement dit, il a un peu moins de niveau de sortie tout en gardant une bonne réserve de volume, et ses graves sont plus marqués, ce qui donne un son plus épais. C’est le genre de micro qui permet de comprendre pourquoi des virtuoses à la recherche d’un son vocal comme Joe Satriani, Steve Vai ou John Petrucci ont tous choisi DiMarzio.
DiMarzio
DP155FBK The Tone Zone
DP110 FS-1 : L’idée du FS-1 était à l’origine de proposer une version du micro de Strat vintage avec un peu plus de niveau de sortie, de façon à conserver un bon signal même en utilisant des pédales d’effet. On le retrouve entre autres sur la fameuse Black Strat de David Gilmour, ce qui devrait en soi suffire à convaincre les sceptiques.
DiMarzio
DP110 FS-1 White
Seymour Duncan
Premier modèle lancé en : 1976
Seymour Duncan est la réponse de la Côte Ouest à DiMarzio, la version californienne du pionnier new-yorkais. Même s’il a monté sa marque un peu plus tard, Seymour était au centre de la scène britannique du début des années 70 et il a notamment réparé des micros pour Jeff Beck, ce qui a donné son modèle best seller, le JB. Depuis, il s’est imposé comme le plus grand bobineur de micros des États-Unis, et ses créations équipent de très nombreuses marques en standard. On lui attribue un caractère un peu plus vintage et moins lisse que DiMarzio, mais la gamme des deux est tellement vaste qu’il est facile d’y trouver précisément son bonheur.
SH-4 JB : Contrairement à ce que tout le monde pense, le “JB” n’est pas un modèle signature Jeff Beck mais ces initiales signifient simplement “Jazz Blues”. Pourtant, c’est plutôt un micro typé rock, voire hard rock ou metal, avec un niveau de sortie bien poussé par rapport à un humbucker Gibson vintage.
Seymour Duncan
SH-4BK
Phat Cat : L’idée est simple mais brillante : le P-90 sous-entend d’avoir une défonce adaptée dans la guitare sur laquelle on veut l’installer, alors que les micros qui équipent la plupart des modèles à l’origine sont des humbuckers. La solution ? Ces P90 au format humbucker qui permettent de profiter de la brillance de ces modèles sans massacrer son instrument.
Seymour Duncan
Phat Cat Great P-90 Set Nickel
Hot Rails : Selon le même principe, le bon vieux Hot Rails (un modèle qui date de 1987 quand même !) permet d’avoir un humbucker dans le petit emplacement d’un simple bobinage. Mais au-delà de ce côté pratique, de nombreux guitaristes sont devenus fans de sa personnalité propre avec ses deux lames, de Tom Morello à Richie Kotzen en passant par Dave Murray.
Seymour Duncan
SHR-1B Hot Rails Bridge CR
EMG
Premier modèle lancé en : 1976
Lorsque Rob Turner a monté sa marque de micros en Californie, il ne s’attendait sans doute pas à instaurer une nouveau standard. Pourtant, Electro-Magnetic Generator (EMG pour les intimes) a lancé la mode des micros actifs, avec un préampli alimenté par pile intégré à la guitare, et reste à l’heure actuelle la grande référence dans le domaine. Si le concept avait à l’origine été développé pour les pros exigeants qui ne voulaient pas perdre d’aigus avec leurs longs câbles, les métalleux se sont vite emparés des nouvelles possibilités de disto offertes par le niveau de sortie de cheval de leurs modèles devenus légendaires.
81 : S’il ne devait en rester qu’un… Le micro chevalet actif par excellence depuis 1979, le son de James Hetfield, de Kerry King, de Zakk Wylde et bien d’autres encore. Tranchant, chirurgical, sans pitié.
EMG
81 Black
85 : Contrairement au 81 qui a un aimant céramique, le 85 est en Alnico 5 et se montre donc plus doux et moins bourrin. C’est la raison pour laquelle beaucoup de joueurs de metal l’utilisent en position manche en complément d’un 81, mais c’est aussi un excellent micro chevalet pour les musiciens plus nuancés.
EMG
85 BK
DG20 David Gilmour : La preuve que EMG n’est pas qu’une marque de métalleux, c’est qu’un musicien comme David Gilmour avait aussi adopté ces micros simples sur sa Strat dans les années 80 et 90. Et vu que le câblage de micros actifs, surtout avec les réglages d’EQ plus riches, est un peu plus compliqué qu’avec des micros passifs, EMG propose une plaque sur laquelle toute l’électronique est déjà câblée.
EMG
DG20 David Gilmour
TV Jones
Premier modèle lancé en : 1993
Thomas Vincent Jones était à l’origine un luthier qui faisait de la réparation dans son atelier californien, et sa vie a changé lorsque Brian Setzer lui a demandé de s’occuper de plusieurs de ses Gretsch. Jones est tombé amoureux des micros si particuliers de la marque de Brooklyn et lorsque Gretsch travaillait sur le modèle signature de Setzer, ce sont les micros de T.V. Jones qui ont été choisis pour leur fidélité irréprochable aux Filter’Tron d’époque. À l’heure actuelle, ses micros équipent une partie du haut de gamme Gretsch, et il est le fabricant le plus réputé dans le domaine, une spécialité dont il ne s’est jamais complètement éloigné.
TV Classic : Tout le charme d’un Filter’Tron vintage, avec un petit niveau de sortie, un son légèrement compressé et des aigus bien ouverts. Si vous aimez le rockabilly ou la country, c’est un must.
TV Jones
TV Classic BR UM C
PowerTron : Lorsqu’ils jouent pour la première fois sur un Filter’Tron, les guitaristes sont souvent surpris par leur petit niveau de sortie. C’est pour eux que T.V. Jones a conçu le PowerTron, une version avec plus de corps et de niveau de sortie, parfaite pour aller taquiner les accords à la Malcolm Young.
TV Jones
PowerTron BR UM C
Lollar
Premier modèle lancé en : 1995
Jason Lollar fait partie des tout premiers à avoir lancé une marque de micros boutique, c’est-à-dire un atelier à petite échelle dans lequel les clients pouvaient demander précisément ce qu’ils avaient en tête et le faire réaliser sur commande. Depuis, sa marque est devenue un symbole d’excellence pour les guitaristes exigeants et de nombreux artisans ont lancé leurs propres gammes de micros en suivant son exemple, au point qu’il est impossible à l’heure actuelle de dénombrer les marques de micros qui existent dans le monde.
50s Wind P-90 Soapbar : Jason Lollar s’est avant tout fait connaître pour l’excellence de ses P90 à une époque où le modèle n’était pas encore revenu à la mode. En voici un excellent exemple, en version soap bar (comme sur les Les Paul Gold Top) avec un bobinage typique des années 50, c’est-à-dire un son bien brillant pas trop chargé en graves.
Lollar
50s Wind P-90 Soapbar Set CR
Original ’58 J-Master Set : Un des chevaux de bataille de Lollar est de proposer des répliques fidèles de modèles d’époque plus rares, comme ce set qui reprend la première année de production de la Jazzmaster. On retrouve l’épaisseur et la clarté qui ont fait son succès, avec un micro chevalet surbobiné pour un niveau de sortie plus flatteur.
Lollar
Original '58 J-Master Set CR
Royal T Neck : Le fait de changer le micro manche de sa Tele est devenu un sport national chez les fans du design de Fender, et Lollar a donc conçu pour eux ce micro au superbe look qui s’inspire du micro grave de la Strat.
Lollar
Royal T Neck
Tu l’auras compris, ce ne sont pas les excellentes références qui manquent, loin de là ! Et avec le niveau d’exigence actuel, la question sera simplement de trouver le micro dont la personnalité saura te plaire sur la guitare qui sera en adéquation. Il est aussi important de ne pas oublier qu’un bon micro ne sonnera bien que s’il est réglé correctement, bien câblé et sur une guitare jouable. Un simple passage chez le luthier peut changer beaucoup de choses.
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