Quitter un groupe à succès pour se lancer en solo est toujours risqué. L’histoire de la musique populaire est remplie d’artistes dont les carrières solo ont échoué, tout comme de ceux qui ont dépassé le succès de leur groupe d’origine. Observer pourquoi ces musiciens ont choisi de partir et comment ils ont construit de nouvelles carrières permet de remettre en question l’idée selon laquelle se lancer en solo est toujours facile ou inévitable. Les histoires ci-dessous mettent en lumière dix artistes qui ont quitté leur groupe pour connaître un succès solo en tête des charts, tout en montrant à la fois les opportunités et le prix de l’indépendance.
Eric Clapton – Réinventer le guitar hero
Peu d’artistes incarnent la réinvention comme Eric Clapton. Après s’être fait connaître avec des groupes comme Cream puis Derek and the Dominos, Clapton s’est lancé dans une carrière solo qui s’étendra sur plusieurs décennies et identités. Ses débuts en solo n’ont pas été simples : des problèmes d’addiction et des turbulences personnelles ont failli freiner son élan. Pourtant, de cette instabilité sont nées certaines de ses œuvres les plus marquantes, dont l’intemporelle “Layla” et plus tard le très épuré et introspectif Unplugged (1992), devenu l’un des albums live les plus vendus de tous les temps.
Sting – quitter The Police au sommet
Des tensions internes et des divergences créatives lors de l’enregistrement de Synchronicity ont poussé Sting à dissoudre The Police en 1984 pour explorer sa propre voie musicale. Son premier single solo “If You Love Somebody Set Them Free” (1985) marque une rupture avec le rock teinté de reggae du groupe. Ses albums solo mêlent jazz, musiques du monde et pop, prouvant qu’une séparation née de tensions peut donner lieu à une carrière florissante. Britannica souligne que la séparation du groupe est intervenue au sommet de sa popularité, en grande partie parce que Sting voulait poursuivre sa propre vision artistique.
Ronnie James Dio – transformer une voix en héritage
Ronnie James Dio s’était déjà forgé une solide réputation avec des groupes comme Rainbow et Black Sabbath, mais au lieu de rester attaché à ces héritages, il lance son propre groupe, Dio, en 1982 et frappe fort avec Holy Diver. Plutôt que de se réinventer complètement, Dio affine ce qui fait sa singularité : des textes inspirés de l’heroic fantasy, une voix puissante et une identité heavy metal bien marquée. Le succès d’albums comme Holy Diver et The Last in Line prouve que son attrait ne dépend pas d’un groupe en particulier, mais d’une vision artistique claire. Dans son cas, partir en solo ne signifiait pas repartir de zéro, mais concentrer tout ce qu’il avait construit pour en faire quelque chose de plus cohérent.
Ozzy Osbourne – du chaos du heavy metal à la légende solo
Lorsque Ozzy Osbourne est renvoyé de Black Sabbath en 1979 en raison de ses problèmes de dépendance et de tensions internes, cela ressemble plus à une fin de parcours qu’à un nouveau départ. Pourtant, au lieu de disparaître, Ozzy signe l’un des retours les plus spectaculaires du rock. Son premier album solo, Blizzard of Ozz (1980), propose une version plus mélodique du heavy metal, portée par la guitare de Randy Rhoads et le titre emblématique “Crazy Train”. Ce qui rend sa réussite fascinante, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’une continuité de Black Sabbath, mais d’une véritable réinvention, avec une dimension théâtrale et une personnalité hors norme qui feront de lui une icône culturelle.
Phil Collins – du batteur prog à superstar pop
Phil Collins n’a pas quitté Genesis dans un clash brutal, mais a mené de front les deux projets pendant des années. Sa carrière solo au début des années 1980 marque toutefois un tournant radical. Genesis était connu pour son rock progressif complexe, tandis que son premier album solo Face Value (1981) propose un son plus direct et émotionnel. Le morceau “In the Air Tonight”, avec son break de batterie devenu culte, est aujourd’hui un moment marquant de l’histoire du pop-rock.
Zakk Wylde – de guitariste de l’ombre à leader culte du metal
Zakk Wylde s’est fait connaître comme guitariste d’Ozzy Osbourne, mais au lieu de rester dans l’ombre d’un frontman légendaire, il trace sa propre route avec Black Label Society, passant de musicien d’accompagnement à leader. Plutôt que de viser le succès grand public, Wylde se concentre sur un son brut et puissant et une fanbase ultra fidèle, mêlant metal et influences southern rock. Cela montre que dans le metal, le succès ne consiste pas toujours à dépasser son ancien groupe, mais à affirmer pleinement son identité.
Michael Jackson – des Jackson 5 au roi de la pop
Les ambitions solo de Jackson prennent forme alors qu’il se produit encore avec ses frères. Son album Off the Wall (1979) génère plusieurs hits et reçoit un accueil critique enthousiaste. Au début des années 1980, il se concentre de plus en plus sur sa carrière solo ; après la tournée Victory des Jacksons en 1984, il s’y consacre pleinement. Son album Thriller (1982) devient l’album le plus vendu de tous les temps, restant en tête des charts pendant 37 semaines et produisant sept hits dans le top 10. Son parcours montre comment un artiste peut passer d’un groupe familial à un phénomène mondial grâce à une évolution artistique maîtrisée.
Harry Styles – se réinventer après One Direction
One Direction fait une pause prolongée après la sortie de son album en 2015. Styles se lance alors en solo ; son premier single “Sign of the Times” (2017) arrive en tête des charts, et son album éponyme atteint la première place. Les albums suivants Fine Line (2019) et Harry’s House (2022) connaissent le même succès, ce dernier remportant même le Grammy de l’album de l’année. Son évolution vers des influences glam rock, folk et funk montre comment quitter un groupe pop formaté peut ouvrir la voie à une expression artistique plus éclectique.
Gwen Stefani – la chanteuse de No Doubt passe à la dance-pop
Le succès ska-rock de No Doubt dans les années 1990 offre à Stefani une solide base, mais lors d’une pause du groupe, elle se lance dans une carrière solo orientée pop et clubs. Son premier album Love. Angel. Music. Baby. (2004) inclut des hits comme “Hollaback Girl” et devient multi-platine. Son album suivant The Sweet Escape (2006) dépasse également le million de ventes et reçoit une nomination aux Grammy Awards. Une interview ultérieure révèle que ces projets solo étaient davantage un terrain d’expérimentation artistique qu’une rupture définitive, montrant que succès solo et cohésion de groupe ne sont pas forcément incompatibles.
Beyoncé – de Destiny’s Child à superstar mondiale
Destiny’s Child annonce en 2005 sa séparation après une tournée afin de permettre à chacune de poursuivre ses projets solo. Beyoncé avait déjà commencé à tracer sa voie ; son premier album Dangerously in Love (2003), mêlant R&B et pop, remporte cinq Grammy Awards. Au cours des deux décennies suivantes, elle enchaîne les albums classés n°1, dont Beyoncé (2013), Lemonade (2016) et Renaissance (2022), devenant l’une des artistes les plus influentes de l’histoire. Sa capacité à mêler narration personnelle, visuels innovants et engagement montre comment une artiste peut redéfinir la pop en solo.
Ton avis sur ces 10 artistes passés du groupe au succès solo
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